Les
normes et les lignes directrices établies
par Codex Alimentarius sont
celles à partir desquelles chaque
pays doit se baser lors de l’élaboration de ses
propres normes et lignes directrices concernant les normes alimentaires.
Alors que les pays en voie de développement sont plus particulièrement
soumis à une pression énorme pour qu’ils utilisent
Codex comme base de référence pour leurs normes nationales
ou régionales, les pays plus riches et l’industrie
alimentaire sont sur-représentés lors des forums
du Codex Alimentarius, qui développent et établissent
ces normes.
Les pays en voie de développement n’ont ni les moyens
financiers, ni le nombre suffisant d’experts pour envoyer
un nombre de représentants à toutes les réunions
de Codex qui soit égal à celui des pays plus riches
et de l’industrie alimentaire. Bien que la Commission du
Codex soit consciente de ce problème, elle n’a pu
le résoudre. Les ONG d’«intérêt
public » et les organisations de consommateurs sont aussi
sous-représentées dans ces forums et, par ailleurs,
ne peuvent participer qu’en tant qu’observateurs. Ainsi,
ce sont les normes convenant le mieux aux besoins des grands pays
industrialisés et de leurs entreprises qui sont adoptées.
Puisque les pays en voie de développement ne bénéficient
ni de l’expertise, ni du soutien financier nécessaires
pour influencer réellement les organismes qui fixent les
normes, le plus souvent la contribution de ces pays est minimale.
Qui va dénoncer les cas qui démontrent que c’est
la manière dont les produits d’alimentation infantile
- exportés par les pays riches et très industrialisés
aux pays en voie de développement – sont commercialisés
qui influe négativement sur la santé et la chance
de survie des nourrissons et jeunes enfants ? Qui va argumenter
pour maintenir dans les normes du Codex les mesures de protection
du Code international?
Face à l’inquiétude causée par les lacunes
au niveau de représentation et de la contribution effective
des membres du Codex, le « Groupe de travail international
sur Codex » (co-ordonné par Wemos) s’est formé en
1996 sur l’initiative d’IBFAN, d’organisations
de consommateurs et d’universitaires. Le groupe
de travail lutte pour que certaines des clauses du Code
et des résolutions
pertinentes et ultérieures de l’AMS soient incorporées
dans les normes Codex, en particulier en ce qui concerne les questions
relatives à la santé et à la consommation.
Même si les progrès sont en général
lents, le groupe de travail a pu créer des alliances avec
des groupes de consommateurs et des groupes de même sensibilité,
et a su accroître son influence et être reçu
favorablement lors des réunions Codex. Quant au contenu
des réunions, les membres du groupe de travail ont réussi à influencer
le développement de normes tant sur le plan national qu’international.
Le groupe de travail a eu une influence considérable dans
la discussion concernant « l’âge d’introduction » des
aliments de complément, un débat qui n’est
désormais plus dominé par les pays industrialisés.
La continuité de ce travail est considérée
comme essentielle pour définir le Codex Alimentarius comme
organisme réellement international. |