COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE IBFAN
14 mai 2004


Les fabricants de laits pour bébés sont démasqués :
IBFAN présente des preuves lors de la session du Parlement britannique

Cliquez ici pour les rapports présentés à cette réunion

Sélection de reportages des médias: The Guardian - The Scotsman - BBC - BMJ - China Daily

Une étude parue dans today's Lancet montrant le risque étendu que courent les bébés nourris au biberon de développer une maladie de cœur, renforce la liste de risques à la santé qui sont liés à l’alimentation artificielle (cliquez ici pour le rapport du journal The Guardian). Cette nouvelle parvient alors que le Réseau international de Groupes d’action pour l’Alimentation infantile (IBFAN) lance son rapport de surveillance le plus récent documentant la façon dont les entreprises de l’alimentation infantile idéalisent leurs produits tout en ignorant les conséquences négatives de l’alimentation infantile sur la santé. Les preuves, rassemblées lors de la surveillance des entreprises de l’alimentation infantile dans 69 pays, ont été présentées au gouvernement dans le House of Commons, le 13 mai.

Cette séance s’est tenue sous l’édige de Lynne Jones MP (à droite), membre du Parlement britannique. Elle a proposé une motion (Early Day Motion – une pétition pour les autres membres du Parlement) qui demande au gouvernement britannique d’appuyer les actions qui visent à mettre un terme aux abus commerciaux dans le domaine des aliments pour bébés au Royaume Uni. Cette question bénéficie déjà d’un soutien considérable provenant de différents partis politiques.

En ce moment, les experts d’IBFAN se rendent à l’Assemblée mondiale de la Santé, qui a lieu le 17 mai à Genève, pour parler des fréquentes inquiétudes concernant la nutrition chez les nourrissons et les jeunes enfants, comme par exemple la contamination bactérienne des laits en poudre industriels pour bébés et l’utilisation de plus en plus fréquente d’arguments publicitaires alléguant des avantages pour la santé et la nutrition afin de promouvoir l’alimentation artificielle.

Lynne Jones MP

Le rapport de surveillance « Breaking the Rules, Stretching the Rules 2004 » examine les pratiques de promotion de 16 fabricants transnationaux de laits pour bébés et 14 fabricants de biberons et tétines entre janvier 2002 et avril 2004. Les normes de référence utilisées pour évaluer les pratiques de commercialisation sont établies dans le Code international de commercialisation des substituts de lait maternel et les Résolutions pertinentes de l’Assemblée mondiale de la Santé (Code international de commercialisation des substituts de lait maternel et les résolutions pertinentes ultérieures de l’Assemblée mondiale de la Santé (AMS)). Ces directives concernant la commercialisation ont pour but de défendre l’allaitement maternel et de veiller à ce que les substituts de lait maternel soient utilisés sans risques et, s’ils sont nécessaires, seulement après avoir reçu des informations adéquates et suivant une commercialisation appropriée.

Quelques 3000 plaintes ont été enregistrées par les agents de surveillance dans 69 pays du monde entier. Après une vérification approfondie, environ 2000 violations ont été relevées dans le rapport de surveillance : « Breaking the Rules » et dans de nombreux cas des photos complètent l’information.

Yeong Joo Kean, conseillère juridique chez IBFAN, a déclaré :

« Nous avons dans ce rapport 712 photos montrant des violations réelles. Les compagnies ne peuvent absolument pas nier être en violation flagrante du Code et des Résolutions »

Cliquez ici pour une vue d’ensemble du rapport qui souligne les tendances suivantes quant aux violations:

  • Allégations du type « fonctionnel ». Les fabricants essaient de différencier leurs laits industriels en ajoutant un grand nombre d’additifs et ils déclarent ensuite que ces derniers apportent des avantages ou bienfaits nutritionnels.
  • Les fournitures gratuites ou à coût modique se poursuivent.
  • La plupart des fabricants continuent de dénigrer l’allaitement maternel exclusif pendant les premiers 6 mois.
  • Une des conditions requises du Code établit que les informations communiquées aux professionnels de santé doivent se baser sur des questions scientifiques et factuelles, une condition que les fabricants de substituts de lait maternel ne respectent pas.
  • Les services de santé et leurs personnels continuent d’être démarchés.
  • Le patronage de séminaires médicaux, de conférences et d’associations de professionnels du domaine médical est de plus en plus répandu.

Cliquez ici pour télécharger le rapport complet (94 pages) où figurent le profil des 16 entreprises de l’alimentation infantile les plus importantes : Abbott-Ross, Danone, Dumex, Friesland, Gerber, Heinz, Hipp, Humana, Mead Johnson, Meiji, Milupa, Morinaga, Nestlé, Nutricia, Snow et Wyeth. Les principales entreprises de biberons et de tétines sont aussi observées, étudiées et jugées.

Des rapports de résumé intitulés « Look What They're Doing » (Regardez ce qu’ils font) ont été préparés pour les pays suivants :

Des exemples de réactions typiques d’entreprises aux rapports d’infractions se trouvent sur le site web de Baby Milk Action.

Pour plus d’informations, veuillez contacter: Mike Brady, Baby Milk Action, 23 St. Andrew's Street, Cambridge, CB2 3AX, UK.
tél. International: +44 1223 464420 - Mobile: +44 7986 736179
tél. Royaume Uni: 01223 464420 - Mobile: 07986 736179
E-mail: mikebrady@babymilkaction.org

Notes des éditeurs

  1. Baby Milk Action peut vous procurer les détails de contact pour les fabricants de laits pour bébés qui sont surveillés. Auparavant, Baby Milk Action et Nestlé ont participé à des entrevues en tête-à-tête (la Conseillère supérieure de politique pour les affaires de nutrition infantile chez Nestlé, Beverley Mirando, peut être contactée au : +44 208 6675317). Des exemples précédents de réactions inadéquates aux rapports d’infractions se trouvent sur le site web de Baby Milk Action: www.babymilkaction.org , section « Surveillance du Code ».

  2. Le Code international de commercialisation des substituts de lait maternel a été adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé en 1981 comme « une exigence minimum » devant être mise en application dans son « intégralité » par tous les pays. Sous l’Article 11.3, les fabricants et les distributeurs de produits ciblés par le Code doivent veiller à ce que leurs activités, à tous les niveaux, s’y conforment et ceci indépendamment des dispositions prises par les gouvernements. Les Résolutions qui ont suivi abordent les problèmes d’interprétation et les changements au niveau des connaissances scientifiques et des pratiques commerciales. Les stratégies des entreprises diffèrent beaucoup du Code et des Résolutions, par exemple en se limitant aux laits industriels premier âge pour bébés. Les résultats de surveillance mettent en évidence des infractions systématiques et institutionnalisées du Code et des Résolutions et montrent aussi des politiques d’entreprises bornées et tournées vers le profit.

  3. Lors de sa réunion durant la semaine du 17 mai, l’Assemblée mondiale de la Santé considérera la nutrition chez les nourrissons et les jeunes enfants. Lors de la Réunion préliminaire du conseil exécutif en janvier 2004, la pratique normale de préparation d’une résolution de projet a été mise de côté. La contamination du lait industriel en poudre par la bactérie « Enterobacter Sakazakii » et les désavantages à long terme de l’alimentation artificielle sur la santé sont des questions clés dont l’industrie préfère ne pas faire état. Suite au décès par méningite d’un nourrisson en Belgique, décès provoqué par un lait en poudre contaminé de marque Nestlé, des études ont prouvé qu’une proportion élevée de boîtes de lait industriel ont été contaminées durant le processus de fabrication suivant la pasteurisation. Lors de sa dernière assemblée générale, Nestlé a refusé de faire apposer des mises en garde sur leurs étiquettes (voir le Communiqué de presse de Baby Milk Action du 22 avril).

  4. Selon l’UNICEF: « Des pratiques d’allaitement maternel améliorées et la réduction de l’alimentation artificielle pourrait sauver approximativement 1.5 millions d’enfants par an » (Etat des enfants du monde 2001). Ceci équivaut à un décès toutes les 20 secondes.